Renouveler le logement social

Objectifs et contexte

    Le concours Repenser et redéfinir le logement social en centre-ville est un projet de recherche/création qui vise à explorer des idées nouvelles pour le logement social dans les centres-villes des grandes métropoles canadiennes. Le but de ce projet est de provoquer chez les étudiants une réflexion critique portant sur la construction de nos centres-villes et de les amener à soulever des questions et à formuler des propositions, tant pour les spécialistes que pour l’ensemble des citoyens.


    Les architectes peuvent et doivent avoir une influence sur la forme que prennent les villes ainsi que sur les modes de vie de leurs habitants. Ce concours est donc l’occasion de démontrer comment de nouveaux lieux redéfiniront par exemple :

  • Le statut de l’individu dans la ville
  • L’idée de l’habitat, de ses fonctions, de son esthétique et de ses formes
  • La notion de collectivité et de mixité dans l’habitat
  • La vie culturelle dans la ville
  • Des espaces sécuritaires pour tous
  • Un habitat durable et renouvelable
  • L’interface entre domaine privé et domaine public.

    Chacun de ces aspects est relié, de près ou de loin, au thème du logement social. L’équipe du L.e.a.p. cherche à déterminer comment les défis posés par la vie urbaine peuvent être relevés par une architecture innovante et critique afin de démontrer qu’il est possible de créer des espaces pour tous dans nos centres-villes et d’en enrichir ainsi la structure.


– SITE – Gratte ciel de maisons, 1972

– Jean Nouvel – Nemausus, Nîmes, France, 1985-87

Des projets tels Nemausus réalisé par l’architecte Jean Nouvel à Nîmes en France ou encore Rural Studio à Auburn University’s aux États-unis sont des exemples contemporains d’une remise en question d’enjeux sociaux par le biais de solutions architecturales inspirées et innovantes. Le projet de Nouvel, un édifice de logements sociaux sur quatre étages, fait usage d’un langage tectonique non traditionnel et crée des espaces flexibles et accueillants pour ses habitants. Les étudiants en architecture ayant participé au projet de Rural Studio ont, quant à eux, remis en question les besoins locaux tout en brisant les stéréotypes associés à la pauvreté : ils ont dessiné, créé et construit tout en vivant au sein même d’une communauté défavorisée. Dans le même esprit, le concours du L.e.a.p. vise à dépasser les limites de la création en proposant l’architecture comme véhicule du changement.

    Ce concours constitue une occasion unique de contribuer à promouvoir, par l’architecture, une plus grande mixité sociale en centre-ville.


    Ce concours vise à renouveler la réflexion sur le logement social en centre-ville. Ainsi, les participants sont invités à développer leur propre questionnement. La liste suivante n’est pas exhaustive :

     

  • De quelle façon le logement social peut-il transformer la structure des centres-villes ?
  • Comment le logement social peut-il répondre aux besoins d’une clientèle diversifiée?
  • Comment assurer la pérennité des logements ?
  • Comment l’architecture peut-elle être socialement inclusive?
  • Comment un espace de bureau, un stationnement ou encore un trottoir peuvent-ils être multifonctionnels? (Pensez à la simultanéité et à la temporalité.)
  • Comment utiliser à bon escient les « maigres » subventions allouées au logement social?
  • Jusqu’à quel point faut-il prendre en compte le soutient aux sans-abri dans la conception du logement social ?
  • Comment le logement social peut-il s’adapter aux strictes règles de l’économie et du zonage des centres-villes?
  • Comment la créativité et l’innovation dans la création de logement social peuvent-elles rejoindre ou détourner les motifs qui dirigent l’économie des villes ? (Pensez à l’évolution des villes dans les 5, 10 ou 15 prochaines années.)
  • Comment l’architecture peut-elle combler les désirs des populations urbaines?
  • Comment le bâti peut-il influencer les interactions sociales dans les centres-villes?
  • Comment le logement social peut-il être intégré aux centres-villes au-delà de l’optimisation de la productivité et de l’occupation? (Pensez aux flux des travailleurs).
  • De quelle façon le logement social peut-il informer et influencer les politiques publiques?
  • Comment la philanthropie peut-elle former et moduler l’espace social?
  • Comment l’architecture peut-elle créer un noyau utopique dans les centres-villes?
  • Comment l’architecture, l’habitat urbain et les espaces vacants des centres-villes peuvent-ils contribuer à assurer l’autosuffisance de ses habitants? (Pensez à l’agriculture urbaine.)

– Archigram – Ville pour marche, Villes en mouvement, 1964

 

  Votre opinion est unique et pertinente. Vous n’êtes pas entravés par les limites de la profession, par ses codes, ses lois, ses intentions, ses stigmates ou ses attentes. Ce concours vous invite à repousser les limites de vos habiletés techniques et de vos ambitions créatrices afin de renverser le statu quo du développement de nos centres-villes et de les transformer en espaces inclusifs et stimulants.

– Ludwig Hilberseimer – Cité verticale, 1924

- Nader Khalili – Abri fait de sac de sable, 1992

Le logement social

   
Le logement social est destiné à loger des personnes ou des familles à faibles revenus. Dans le contexte canadien, la réalisation de projets de logement social est tributaire d‘une aide financière gouvernementale et elle est souvent soutenue par des organismes sans but lucratif, des coopératives ou des organismes de charité(1). En règle générale, elle est le fruit de l’effort commun de plusieurs groupes. Le recyclage d’un édifice ancien en vingt-six chambres à prix modique avec soutien communautaire dans la ville québécoise de Gatineau est un exemple d’une telle collaboration. Ce projet de 2,1M$ a vu le jour grâce à l’implication financière de partenaires publics, communautaires et privés dont la Société canadienne d’hypothèques et de logement et la Société d’habitation du Québec(2).
La nécessité de regrouper plusieurs organismes afin de développer des projets de logement social est sans doute le reflet de la diminution de l’implication du gouvernement fédéral dans ce domaine. Déjà en 1988, les divers paliers gouvernementaux ne consacraient au logement que 2,8% du budget total réservé aux politiques sociales(3). La question du logement ne figure d’ailleurs pas au nombre des priorités énoncées dans le discours du trône d’avril 2006 formulé par le tout nouveau gouvernement conservateur de Steven Harper(4).

Le manque d’intérêt dont témoigne le gouvernement fédéral à l’égard du logement social, ne diminue en rien l’urgente nécessité de réaliser de nouvelles constructions, de réhabiliter des logements existants et de développer de nouvelles façons de concevoir le logement social. La condition actuelle du logement social et de son architecture en centre-ville constitue un excellent sujet de débat. Des grands ensembles détachés du tissu urbain, aux interventions ponctuelles intégrées à leur contexte caractéristiques d’un bon nombre de coopératives d’habitation et de communautés mixtes, les projets de logement social ont connus une certaine évolution dans les dernières décennies. Montréal, par exemple, une ville où les organismes à but non lucratif et le gouvernement provincial assument la responsabilité de la majorité des réalisations de logement social, a connu un virage important quant à la nature et à l’ampleur des projets(5). Ce changement a favorisé l’émergence de petits projets qui démontrent un plus grand souci d’intégration urbaine et de recherche architecturale.

   

Cependant, la taille des projets ne permet pas de répondre adéquatement à la demande.Si la conception du logement social prend parfois une orientation particulière pour répondre à des besoins précis, elle ne devrait pas contribuer à la création de ghettos où les résidents sont socialement et physiquement isolés de l’intensité et de la diversité de la vie urbaine. Ce concours de recherche-création en architecture traite de l’importance d’intégrer des logements de qualité accessibles à tous, sans égard au statut social ou économique, au cœur de nos villes. Dans ce concours, l’aménagement de lieux d’inclusion sociale significatifs en centre-ville est considéré comme crucial afin que les idées présentées aient un véritable impact à l’échelle de la communauté urbaine. Si la question du logement social urbain constitue une part importante des débats architecturaux contemporains, ce concours propose qu’une approche globale de la conception de nos centres-villes qui intègre la notion d’inclusion sociale doit également être considérée.

– Rem Koolhaas et Elia Zenghelis, avec Madelon Vriesendorp et Zoe Zenghelis – Exodus, The Voluntary Prisoners,1972

(1)Prince, Michael J., «Holes in the Safety Net, Leak in the Roof: Changes in Canadian Welfare Policy and Their Implications for Social Housing Programs» Housing Policy Debate – Volume 9, Issue 4. (Fannie Mae, 1998.) 826.
(2)Société canadienne d’hypothèques et de logement, « 26 nouveaux logements sociaux et communautaires à Gatineau», 11 octobre 2005, 4 avril 2006.
(3)Prince, Michael J., “The Canadian Housing Policy Context” Housing Policy Debate – Volume 6, Issue 3. (Fannie Mae, 1995) 724.
(4)Canada, Discours du trone, Une nouvelle feuille de route, (Ottawa: Premier minister du Canada, 2006) .
(5)Affleck, Gavin, “Renewing the Urban Fabric: Social Housing in Montreal,” Canadian Architect, July 2004.

 

Contexte du concours de recherche/création

    Ce concours de recherche/création entend répondre au mandat que s’est donné l’équipe du L.e.a.p. en contribuant à l’avancement du processus de pensée créative en architecture. Ayant pour objectif la promotion des activités de recherche et des projets de développement scientifique, le L.e.a.p. cherche à multiplier les occasions de création d’une architecture potentielle de qualité.

– Archigram – Maison Capsule, 1963-1966

- Aldo Ross – Complexe résidentiel dans le district Gallaratese de Milan, 1969-70

– d’après Texier, Coupe d’une maison parisienne des boulevards, Tableau de Paris

Introduction Objectifs Structure & règlements Calendrier Etape I Etape II Jury Q/R Adresses Résultats
Laboratoire d'Étude de l'Architecture Potentielle